96 % des collectivités plaident pour faire de la végétalisation des cours d’école un standard

Date de publication

août 2026

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Alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient et rappellent chaque année davantage la nécessité d’adapter les villes au changement climatique, les collectivités accélèrent leurs démarches pour rafraîchir les espaces urbains et rendre les infrastructures publiques plus résilientes. Parmi leurs priorités, la végétalisation des cours d’école. À l’occasion de sa 19ᵉ vague d’enquête, l’Observatoire des villes vertes, co-créé par l’Unep et Hortis, s’est penché, avec le soutien de la Banque des Territoires, sur ces démarches de végétalisation engagées par les collectivités dans leurs établissements scolaires.

La végétalisation des cours d’écoles devient un standard d’aménagement urbain

Longtemps portée par quelques collectivités pionnières, la végétalisation des cours d’école connaît aujourd’hui un essor marqué et s’inscrit durablement dans les stratégies des collectivités. L’enquête révèle que plus de six collectivités sur dix déclarent avoir végétalisé au moins un quart de leurs cours, avec des niveaux d’avancement contrastés selon les territoires.

Les collectivités les plus engagées ont inscrit ces projets dans une stratégie de long terme et certaines villes affichent déjà des résultats avancés, comme Angers et Saint-Paul (La Réunion), qui recensent plus de 75 % de cours d’école végétalisées. Près des deux tiers des collectivités interrogées souhaitent poursuivre cette dynamique et végétaliser au moins la moitié de leurs cours dans les cinq prochaines années. Près d’une ville sur cinq répondantes à l’enquête, telle que Toulouse ou Perpignan, vise une transformation complète de son patrimoine scolaire d’ici 2031.

« Pendant plusieurs décennies, les cours d’école ont été conçues comme des espaces essentiellement fonctionnels, très minéraux, répondant aux attentes des organisations scolaires qui privilégiaient des cours dégagées, faciles à surveiller et à entretenir. Aujourd’hui, avec l’intensification des vagues de chaleur, ce modèle montre ses limites. Végétaliser une cour, ce n’est pas seulement planter des arbres : c’est offrir aux enfants des espaces plus frais, plus vivants et plus propices à leur bien-être, tout en préparant nos villes aux défis climatiques des prochaines décennies »,

commente Anne Marchand, co-présidente de l’Observatoire des villes vertes.

Une réponse concrète face aux fortes chaleurs

Durant l’épisode caniculaire de juin 2026, plus de 13 500 écoles et établissements ont dû adapter leur fonctionnement en raison des fortes chaleurs, soit près d’un quart des établissements du pays. Près de 3 500 écoles et collèges ont été contraints de fermer totalement. Ces décisions illustrent l’urgence d’adapter durablement les espaces scolaires aux nouvelles réalités. Réduire les îlots de chaleur, améliorer le confort thermique des enfants et rendre les établissements plus résilients face aux épisodes caniculaires apparait comme une nécessite.

Selon l’étude, trois collectivités sur quatre cherchent à améliorer le bien-être, le confort et la santé des élèves. Cette ambition se traduit par des aménagements concrets : la création de zones de pleine terre (100 %), le descellement des sols et la création de jardins pédagogiques (89 %), et l’aménagement de classes extérieures.

Les impératifs environnementaux font aussi partie des priorités les plus cités par les collectivités avec l’installation de dispositifs de gestion des eaux pluviales ou encore d’aménagements favorables à la biodiversité (mares, nichoirs, plantations, espaces refuges).

« Accélérer la transformation des écoles pour les adapter au changement climatique et autres enjeux environnementaux est une ambition forte de la Banque des Territoires. Au travers de notre programme Edurénov, nous accompagnons les collectivités depuis l’ingénierie jusqu’au financement de leur projet. La végétalisation des cours d’école participe pleinement à cette évolution nécessaire, en transformant ces espaces en véritables ilots de fraicheur, plus favorables au bien-être des enfants et des personnels éducatifs. »

déclare Annabelle Barral-Guilbert, directrice du programme Edurénov.

Le défi du passage à l’échelle

S’il existe désormais un consensus fort sur la nécessité de végétaliser les cours d’école, les collectivités restent confrontées à plusieurs difficultés pour accélérer le déploiement de ces projets.

Le financement constitue le principal frein, cité par 77 % des répondants, devant les contraintes techniques propres à certains sites (46 %) et les enjeux d’entretien dans la durée (42 %). Ces résultats montrent que les collectivités ne remettent plus en cause l’intérêt de ces aménagements mais qu’elles recherchent désormais les moyens financiers, techniques et humains pour les généraliser. L’enjeu des prochaines années réside désormais dans la capacité à changer d’échelle afin de transformer durablement l’ensemble du patrimoine scolaire français.

« Les collectivités sont prêtes à accélérer la transformation des cours d’école pour les adapter aux défis du changement climatique, mais elles ne pourront pas relever seules cet enjeu majeur. Généraliser la végétalisation de ces espaces nécessite un engagement durable de l’ensemble des acteurs, un encadrement technique à la hauteur des ambitions et des financements pérennes. Investir dès aujourd’hui, notamment, dans des cours d’école plus végétalisées, plus fraîches et plus résilientes, c’est protéger la santé et le bien-être des enfants, améliorer leur cadre d’apprentissage et renforcer la capacité de nos territoires à faire face aux effets du dérèglement climatique. C’est aussi offrir aux citoyens de demain des lieux d’apprentissage qui incarnent concrètement les solutions aux défis environnementaux et contribuent à forger leur compréhension des priorités qui doivent être celles du monde. »,

conclut Nicolas Leroy, co-président de l’Observatoire des villes vertes.

Méthodologie : Réponses récoltées auprès d’un panel de villes sollicitées entre le 16 avril et le 29 juin 2026. Sur cette période, 26 collectivités ont répondu à cette vague d’enquête de l’Observatoire des villes vertes.